M d'Ombremont - Auteure de l'imaginaire

Bonjour Manon Élisabeth d’Ombremont,

Dans le cadre du NaNoWrimo 2017 (un roman de 50 000 au moins en un mois), nous réalisons cette interview qui porte sur votre passion : l’écriture.

Pour information aux lecteurs et lectrices de cet article, vous êtes actuellement étudiante en médiation culturelle, et publiée dans deux maisons d’édition :

1 - L’ivre-book avec Les Légendes Faës, Nechtaànomicon, Requiem de la Sorser'tan et Lune de Miel

2 - Sharon Kena Éditions avec Bratva

L’écriture et vous

Vous écrivez depuis maintenant 13 ans. D'où vous est venus cette envie ?

J’ai commencé à écrire sur un forum RPG sur le thème de One Piece. Plus jeune, j’imaginais souvent des histoires, mais je n’avais jamais franchi le cap des mots, je préférais lire. Puis je suis arrivée sur ce forum qui réunissait une communauté autour de la même passion: ce manga extraordinaire qu’est One Piece. Un jour, les administrateurs ont ouvert une partie RPG et j’ai attrapé le virus de l’écriture à ce moment-là. Pourquoi j’ai continué ? Je ne sais pas exactement. Au départ, j’étais sceptique sur le concept du RPG mais c’est vite devenu addictif, je prenais plaisir à répondre, à lire mes réponses, ça me faisait du bien. Puis j’ai rencontré des gens géniaux, qui ont beaucoup apporté à mon style et à mon imaginaire. Je crois que tout ça a joué sur le fait que je n’arrête jamais.

Quels obstacles avez-vous rencontrés à vos débuts ? Comment les avez-vous surmontés ?

Les premiers textes que j’ai écrits, c’était dans le cadre de mon cours de français. En troisième secondaire, on avait une professeur qui nous demandait d’écrire des nouvelles liées au genre littéraire qu’on voyait en classe et c’était vraiment chouette. On a beaucoup travaillé sur le policier, à ce moment-là.

J’ai encore ces textes, quand je les relis je suis horrifiée par tous les clichés et toutes les erreurs qui s’y trouvent, mais je suis aussi nostalgique, on y sent une naïveté que j’ai perdue quelque part en chemin.

J’ai été très encouragée par cette professeur et par ceux que j’ai eus ensuite. Ma professeur de cinquième me poussait à écrire pour participer à des concours d’éloquence qu’on organisait dans ma région. Mon professeur de sixième, ça a été le théâtre et j’ai même écrit une pièce qu’on a montée lors de ma dernière année ! J’ai un peu touché à tout et je crois que le plus difficile a été, pour moi, de trouver ma voie, ma griffe, ma particularité. D’accepter mon style d’écriture, d’oser écrire certaines choses aussi, tout simplement. D’accepter qui je suis.

Je pense que la lecture a joué un très grand rôle dans la construction de mon imaginaire, je consomme énormément de littérature et c’est très important, je trouve, pour un auteur. De plus, je pratique le RPG depuis presque treize ans et ces exercices d’écriture quotidiens m’ont permis d’affiner ma plume mais également ma psychologie. Grâce à tous ces éléments, je me suis construite et améliorée.

Pouvez-vous me parler de la condition d’auteur, et des problèmes que vous avez pu rencontrer pour publier ?

C’est une question vaste et complexe, je ne pense pas avoir en main toutes les cartes pour fournir une réponse adéquate, ni même une vue d’ensemble suffisante.

Néanmoins, il est très clair que la condition d’auteur est précaire. Pas au point des dessinateurs dans le monde de la BD, mais pas loin.

Il est presque impossible de vivre de son écriture, à quelques exceptions notables et/ou à moins de donner dans la littérature commerciale, grand public. Sur un plan personnel, je n’ai pas envie de vivre de ma plume. Je le souhaitais en commençant mais plus j’avance et plus je me dis que mêler ma passion à un travail supposé me nourrir ne pourra que lui nuire. Et me nuire. Assez simplement parce que je serais contrainte de produire des livres à la chaîne pour être payée, au détriment de la qualité, et ça, c’est quelque chose que je refuse. Je me suis rendu compte, en grandissant, que j’ai développé une éthique artistique à laquelle je tiens. Évidemment, je me déplace en salon pour rencontrer mes lecteurs et ça engendre des frais, qui sont couverts par la vente de mes livres. L’année dernière, j’ai eu un petit bonus (dans le sens où je n’étais pas en déficit) qui fait plaisir et m’a prouvé que j’ai des lecteurs formidables, mais franchement, c’est très loin d’être suffisant pour en vivre. Ça me permet juste de continuer sans me ruiner.

Quant aux problèmes que j’ai pu rencontrer en tant qu’auteure en recherche de publication, c’est un vaste sujet. Je crois que le plus difficile, quand on entre dans ce milieu sans rien connaître, bercé par ses illusions, c’est de ne pas croire le premier clampin qui se prend pour un professionnel, prendre garde aux beaux-parleurs, toujours se renseigner pour avoir plusieurs sons de cloche, ne pas croire qu’il est normal de payer pour éditer son livre, ne pas se laisser embobiner dans des combines bizarres, ne pas hésiter à poser les questions qui fâchent, ne pas se laisser impressionner. Un auteur est trop facilement exploité, de nos jours, parce qu’il a peur d’être rejeté par une structure éditoriale s’il ose faire valoir ses droits. Raison pour laquelle beaucoup optent pour l’auto-édition, mais je crois que c’est une fausse solution. Je ne veux pas dire par là que l’auto-édition est quelque chose de négatif, je connais de très bonnes auteures qui ont opté pour ce modèle économique parce que ça convenait mieux à leur mentalité (et certains gagnent très bien leur vie grâce à ça), mais malheureusement, cette partie du marché est noyée par des gens qui ne sont pas capables de réfléchir sur leur littérature, sur la littérature de manière générale, et qui proposent des livres moyens si pas (très) mauvais, ce qui contribue à entacher l’image de l’auto-édition. Bref, vaste débat disais-je…

Pour moi, nous sommes à un tournant de la littérature où les maisons d’édition doivent se questionner sur leur fonctionnement et évoluer pour coller à la réalité éditoriale.

En tant qu'auteur, comment trouver son public ? Que conseilleriez-vous à ceux qui se lancent ?

Pour être auteur, il faut être un bon commerçant, avoir une conscience marketing, prendre la peine d’étudier la manière de procéder des autres. De nos jours, hormis pour certains genres (par exemple, la romance) il est nécessaire de se déplacer dans les salons littéraires, si on n’est pas publié chez un grand éditeur. Ainsi, on va à la rencontre du public, on se montre, les gens apprennent à nous connaître et à nous apprécier, on s’enrichit aussi beaucoup à leur contact. Le plus difficile, je pense, c’est de sortir du lot tout en respectant les autres auteurs. C’est facile, d’agripper les gens dans une allée, de leur mettre un livre en main, de presque les forcer à vous accorder de l’attention et à acheter votre roman. C’est plus difficile d’agir dans le respect, d’attendre que la personne s’approche, se montre intéressée, de discuter poliment avec elle, d’accepter que, finalement, ça ne l’intéresse pas, dans certains cas. Le métier d’écrivain est ingrat et, finalement, écrire, c’est presque la partie la plus facile.

Mon conseil ? Observez ceux qui fonctionnent et discutez avec eux pour en apprendre le plus possible et vous construire votre propre image.

Ceux qui sont présents depuis un moment dans le milieu savent ce qui est acceptable ou non de faire et, à force de pratiquer, vous l’apprendrez aussi. Vous ferez des erreurs, mais c’est comme ça qu’on apprend le mieux.

Quelles sont les plus grandes difficultés en tant qu’auteure ?

Échapper aux bassesses du milieu et ne pas se laisser noyer dans la masse.

Et inversement, quels sont les plus beaux moments que vous avez pu vivre ?

Ils sont nombreux, impossible de tous les citer ! Heureusement, d’un côté. Mais il y en a un qui me revient particulièrement à l’esprit quand on me pose la question, outre les rencontres merveilleuses que j’ai pu faire. C’est cette dame, qui est venue me trouver à Mon’s Livre en 2015 et qui m’a dit que mon roman lui avait rendu le goût de la lecture, lui avait rappelé pourquoi elle aimait tellement ça, avant. Je crois que c’est le plus beau compliment qu’on m’ait jamais adressé. Comme elle n’a pas Facebook et n’utilise pas beaucoup Internet, nous ne sommes pas en contact mais ça me ferait vraiment plaisir de la revoir.

Entre les études, l’écriture, les dédicaces et les salons, comment tenez-vous le rythme ?

Excellente question ! L’opinion générale est que je suis un robot. Ou un alien. Ou un robot-alien ?

Le NaNoWriMo

Comment avez-vous connu le NaNoWriMo ?

Je ne m’en rappelle plus très bien, une amie m’en a parlé en 2014 et, au départ, je n’étais pas franchement convaincue du concept. Je trouvais ça bizarre, j’avais du mal à me projeter dedans.

Depuis quand faites-vous le NaNoWriMo ? Les avez-vous réussis ?

Je participe depuis 2014 mais je n’ai atteint l’objectif qu’une seule fois, l’année dernière.

Pour vous quel est le but du NaNoWriMo ?

Avancer sur son projet en cours, peu importe de parvenir aux 50k mots pourvu qu’on avance et que ça nous serve de motivation. Le NaNoWriMo est un moteur, une ambiance, une ferveur générale. On s’encourage entre nous, on se motive, on se soutient. Je participe systématiquement aux Camps NaNoWriMo et j’écris toujours mes romans pendant cette période. Nechtaàn 1, ça a été en avril 2016. Pour Bratva, en Juillet 2016. Pour Nechtaàn 2, en avril 2017…

Comment arrivez-vous à tenir la durée du NaNoWriMo ?

La grande question… Je crois qu’il faut avant tout une bonne discipline personnelle. Finalement, écrire 1600 mots et des poussières par jour, ce n’est pas tant que ça, je le fais généralement sur les forums puisque ça compte comme deux ou trois réponses pour un rp. Une fois qu’on a relativisé ce nombre de mots, c’est plus simple. Il faut aussi savoir que j’ai une vitesse de frappe très rapide (heureusement, sinon je serais à la traîne par rapport à mon cerveau) ce qui aide beaucoup. Finalement, en une heure, je peux atteindre mon quota du jour (si je ne me laisse pas distraire, ce qui arrive souvent, ne nous leurrons pas…). Toutefois, ça reste mentalement épuisant et je me souviens que, l’année dernière, au premier jour de décembre, je me suis sentie… Assez vide.

Quelles sont les clés pour réussir ?

Une bonne discipline personnelle et une bonne préparation avant le début du NaNo: avoir un plan de bataille, c’est le mieux.

 

Bibliographie

Les Légendes Faës

Éditeur : L’ivre book

Thème : Fantasy - Magie - Créatures fantastiques

Résumé :

“Faëry, sous le règne de l’Empereur Fenrír.

Melyan est une bâtarde. Mi-fomoire mi-fée, elle a pour unique ambition de devenir une grande guerrière, digne de son héritage.

Elyalë est une banshee. Magicienne aux pouvoirs terrifiants, elle est aussi la martyre de l’Empereur.

Tout les oppose, et elles se connaissent à peine.

Pourtant, elles sont demi-sœurs.

Un coup du sort les rapprochera, mêlé à un même désir : celui de survivre dans les ténèbres.

Et de ne surtout pas succomber aux promesses du dieu-dragon déchu…”

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Nechtaànomicon

Éditeur : L’ivre book

Thème : Horreur - Démon - Possession Démoniaque - Vampire - Fantasy urbaine - Mafia

Résumé :

“Dans une histoire normale, il incarnerait le sombre méchant supposé mourir à la fin dans un affrontement épique contre un beau et vertueux héros. Mais quelqu’un (qui n’a subi aucune menace…) en a décidé autrement. Il a voulu lui donner le rôle principal dans ce récit. Après tout, le bien, le mal, c’est une affaire de point de vue !

L’Ar’narakhe Nechtaàn est aussi ambitieux qu’égocentrique. Son but : détrôner Bélial et devenir le Sat’han de l’Envie. Son problème : il est scellé dans le corps d’un mortel et son ancestral ennemi choisit justement ce moment pour réapparaître… Et s’il n’y avait que ça !”

(Source booknode)

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Lune de Miel

Éditeur : L’ivre book

Thème : Horreur - Gothique - Romance

Résumé :

“Paris, 1876. Lison a perdu ses parents, assassinés dans des circonstances mystérieuses et particulièrement sanglantes. Un an après, elle tente toujours d’échapper à la folie. Au cœur des ombres, un monstre émerge et la tourmente, quelques jours avant son mariage arrangé. Réalité ou construction d’un esprit malade ? Parfois, la frontière peut être mince.”

(Source booknode)

Lien : http://amzn.to/2xw3Si0

Bratva

Éditeur : L’ivre book

Thème : Horreur - Gothique - Romance

Résumé :

“Rayna est l’ombre du cartel Aslanov. Elle est celle qui exécute les traitres, les balances, celle qui répand la terreur chez leurs ennemis par ses œuvres macabres. Pour elle, la mort est un art et les cadavres, une matière première indispensable. Rayna est un monstre, et elle le vit bien.

Eleyna est la fille unique de Vassily Aslanov. Élevée dans un monde violent, ses valeurs morales sont viciées, mais pas autant qu’elle l’aimerait. Rayna la fascine et la dégoûte à la fois. Ou plutôt : elle l’obsède et a désespérément besoin d’elle. Le problème, c’est que la tueuse ne se laisse pas approcher facilement, et Eleyna va devoir employer les grands moyens pour parvenir à ses fins...

Réservé à un public averti...”

(Source booknode)

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Requiem de la Sorser'tan

Éditeur : L’ivre book

Thème : Horreur - Gothique - Romance

Résumé :

“Avant que Nechtaàn ne tente de conquérir les Enfers.

Avant qu’Aleksandr ne cherche à asservir la race humaine.

Avant eux... Il y avait Bluenn. Et sans elle, l’histoire que vous connaissez serait bien différente..”

(Source dombremont.com)

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